Didier Lestrade : « On assiste à des retours en arrière effroyables »



Mémoires 1958-2024, Didier Lestrade, Stock, 484 pages, 23,90 euros.

Didier Lestrade est né en 1958 en Algérie dans une ferme de colons français cultivateurs, qui rentrèrent en France en 1962, Didier Lestrade sut dès l’enfance être homosexuel. Journaliste à Gai Pied et Magazine, avant qu’il ne fonde, en 1995, le premier mensuel gay français, Têtu. Il est le cofondateur en 1989 d’Act Up-Paris, dont il a relaté la première décennie militante, dans Act Up, une histoire (Denoël, 2000, rééd. La Découverte/poche, 2022.)

Au début du livre, vous écrivez que si vous étiez jeune vous seriez « groupie » de vous-même (qui avez 67 ans). Cela peut sembler immodeste, or votre livre respire la modestie au contraire. Pourquoi seriez-vous une groupie du Didier Lestrade de 2025 ?

Didier Lestrade : Certainement parce que, quand je faisais Magazine (1), j’étais très intéressé par les artistes de ma génération, mais aussi par ceux des années 1940, 1950, 1960. À Magazine, il y avait un énorme respect pour les pédés d’avant, qui avaient grandi dans une période encore plus difficile mais qui avaient réussi à faire avec leur art quelque chose qui, en tant qu’ado, m’a énormément influencé. Ainsi, quand j’allais voir Patrick Sarfati, il me faisait toujours des cours sur la photographie masculine. Et ensuite, à l’époque d’Act Up, j’avais toujours des étudiants qui me contactaient pour faire un mémoire ou d’autres travaux de ce genre. Or, aujourd’hui, je ne les ai plus, ces jeunes !

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Magazine fut l’une des premières publications ouvertement gay dans le Paris du début des années 1980. Très soignée, co-fondée et dirigée (sans jamais de…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Olivier Doubre

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