Depuis Villa Fiorito, son quartier de naissance, jusqu’aux abords de la Bombonera, l’antre des Boca Juniors, en passant par l’Obélisque de l’avenue 9 de julio et le stade du club Argentinos Juniors, qui porte son nom… Les Argentins avaient besoin de communier, ce mercredi 25 novembre 2020, jour de la mort de leur Dios. L’hommage à Maradona, immédiatement mondial, a battu des records sur Internet, puis pris la forme de rassemblements spontanés à Buenos Aires.
Une file d’attente de plusieurs kilomètres de long, formée le lendemain de la disparition de l’astre du ballon rond, serpente jusqu’aux abords du palais présidentiel, la Casa rosada, où est organisée la veillée funèbre. Jusqu’ici, les cérémonies de cette nature avaient été réservées à sept présidents de la république, dont Néstor Kirchner en 2010… et au coureur automobile Fangio, disparu en 1995.
Dans cette foule, venue des quatre coins de la capitale argentine et de ses banlieues déshéritées, il n’y a pas l’ombre d’un col blanc, sans surprise. Mais les classes moyennes ont aussi opté pour l’hommage auto-confiné, depuis leur salon, devant les chaînes d’infos en continu. Le coronavirus y est sans doute pour beaucoup, tant il semblait évident que les mesures de distanciation sociale n’allaient pas être respectées, faisant craindre un bain de contagion massive.
Pour celles et ceux rassemblées près de la Casa rosada, le virus n’est qu’un ennemi parmi d’autres. Depuis mars, la pandémie a causé de nombreux décès et une aggravation dramatique de la situation économique des classes populaires. La quantité de vendeurs ambulants présents témoigne de la soif de vente de l’économie informelle, exsangue après huit mois sans le moindre événement populaire. Pas le moindre match de foot, concert ou manifestation politique. Pour tous ceux-là, l’hommage à l’idole est l’exutoire de toutes les peines de ces derniers mois. Il s’agissait de le crier haut et fort : « Diego…
Auteur: Le Média
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