Taverny (Val-d’Oise), reportage
Debout sur le talus qui jouxte le chemin de promenade, à Taverny (Val-d’Oise), Vincent Houillon pointe du doigt une petite parcelle agricole nichée au milieu d’un champ aujourd’hui en friche, envahi par les hautes herbes. « C’est là qu’on a planté des pommes de terre et des arbres fruitiers », lance l’enseignant en classe préparatoire de philosophie face au terrain qui, faute d’être cultivé, ressemble aujourd’hui à une prairie.
« On », c’est Taverny-sur-Terre. Dans cette commune de région parisienne, ce collectif d’habitants milite depuis plusieurs années contre la création de l’écoquartier des Écouardes qui, pour construire 1 000 logements, menace 16 hectares de terres fertiles sur la commune.
Une aberration pour le collectif, qui multiplie les actions pour alerter sur la nécessité de préserver l’écosystème du site. La plantation de pommes de terre et d’arbres sur les parcelles concernées par le projet visait par exemple à démonter le discours de la municipalité, selon lequel les terres sont polluées et non cultivables.
« L’endroit où on veut faire cet écoquartier n’est pas du tout écolo, assure Florence Portelli, maire de Taverny depuis 2014 (Soyons Libres, le microparti de Valérie Pécresse affilié aux Républicains). C’étaient des cultures céréalières intensives qui entraînent une pollution des sols et des nappes phréatiques, et qui ont été polluées par des engrais et des pesticides. »
Des terres fertiles
Sur place, les membres du collectif attestent d’une toute autre réalité. Les plantations de Taverny-sur-Terre ont porté leurs fruits. Les pommes de terre récoltées ont été données à plusieurs reprises à une association, jusqu’à ce que les habitants découvrent sur le site « des traces de pneus », à l’été 2025. « La terre avait été retournée pour détruire les plants », se désole Didier…
Auteur: Cécile Massin, Jérémy Piot, Névil Gagnepain
