Diminuer leur temps de travail : ces agriculteurs l'ont fait

Clermont-l’Hérault (Hérault), reportage

Les sabots dans l’herbe fraîche, la génisse observe le maquis environnant d’un œil tranquille. Autour d’elle, une quarantaine de vaches à la toison bigarrée paissent sous un soleil rasant. Paisibles, comme leurs propriétaires, Manuel et Marion Rousseau. En reprenant la ferme familiale, le couple s’était fixé un objectif : « On voulait diminuer le temps de travail, pour être disponibles pour nos enfants », raconte l’éleveuse. Cinq ans plus tard, c’est mission accomplie.

Les trentenaires travaillent « entre 30 et 40 heures par semaine ». Une exception dans le monde paysan. En 2019, les agriculteurs ont travaillé environ 55 heures par semaine, contre 37 heures pour l’ensemble des travailleurs, selon l’Insee. Et en prenant en compte le nombre réduit de congés qu’ils et elles s’octroient, leur durée annuelle effective de travail serait même 65 % supérieure à la moyenne nationale.

Résultat : les agriculteurs sont particulièrement exposés au risque d’épuisement professionnel. « Le temps de travail peut être un facteur de mal-être pour certains, constate le sociologue Simon Paye, qui coordonne un projet de recherche sur ce sujet. C’est en tout cas une préoccupation, un sujet de discussion, voire de dispute au sein des familles. »

Signe de cette tendance, près d’une quarantaine de paysans curieux sont venus visiter la ferme de Manuel et Marion Rousseau, à l’initiative de l’Afocg, l’association qui accompagne les agriculteurs dans la gestion de leur exploitation. À l’ombre d’un mûrier, ils et elles discutent vacances, voyages et même congé sabbatique. « Avant, c’était un sujet tabou, mais ça change », constate un éleveur.

Parmi eux, Émilie, maraîchère en Ardèche : « Clairement, j’essaie de garder du temps, surtout pour mes enfants, témoigne-t-elle. On veille à prendre des week-ends et des vacances, au moins une…

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Auteur: David Richard, Lorène Lavocat

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