Grand réformateur, fondateur de la tétrarchie, Dioclétien transforma profondément l’Empire romain. Sur cette photo, copie de buste antique en marbre, réalisée au XVIIᵉ siècle en Italie pour orner le grand salon du château de Vaux-le-Vicomte, à Maincy, en Seine-et-Marne. Jean-Pol Grabdmont/Wikimédia, CC BY
Assassinats, guerres civiles, invasions… Gouverner l’Empire romain était l’un des métiers les plus dangereux de l’Antiquité. Pourtant, Dioclétien, au IVᵉ siècle de notre ère, est entré dans l’histoire pour une raison bien différente : il est le seul empereur à avoir choisi de prendre sa retraite.
Très peu d’empereurs romains sont morts de mort naturelle. La plupart ont été assassinés, certains sont tombés au combat et l’un d’eux a même été foudroyé. Conscients du danger, quelques empereurs ont préféré quitter Rome. Mais un seul a volontairement renoncé au pouvoir pour prendre sa retraite.
Dioclétien, qui régna pendant vingt ans à la fin du IIIe et au début du IVe siècle de notre ère, retourna dans sa ville natale pour y cultiver des choux.
Une fonction périlleuse
Dans une société profondément militarisée et marquée par une concurrence permanente, il n’est guère surprenant que les dirigeants de Rome aient souvent connu une fin violente. Leurs excentricités, leurs échecs militaires ou encore les difficultés économiques poussaient souvent leurs alliés à les abandonner.
Caligula (37-41 de notre ère), Domitien (81-96 de notre ère) et Caracalla (empereur unique de 211 à 217 de notre ère) ont été assassinés lors de complots fomentés par leurs propres gardes du corps. Sévère Alexandre (222-235 de notre ère) et Gallien (253-268 de notre ère) ont, eux, été tués par de hauts responsables militaires.
Certains empereurs ont connu une fin prématurée aux mains d’ennemis étrangers. Gordien III (238-244 de notre ère) est mort au combat contre les Perses. Dèce…
Auteur: Peter Edwell, Associate Professor in Ancient History, Macquarie University
