Réunis jeudi au siège des Nations Unies à New York pour marquer la cinquième journée internationale de la lutte contre les discours de haine, diplomates, responsables onusiens, chercheurs et représentants de la société civile ont dressé un constat commun : la haine n’est plus cantonnée aux marges de l’internet. Elle s’installe au cœur de l’espace public numérique, qui promeut l’indignation davantage que la nuance et dont les modèles économiques transforment l’outrage en source de revenus.
Dans un message lu à cette occasion, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a résumé cette évolution. « Trop d’algorithmes valorisent l’indignation et la division, encouragent le mensonge pour obtenir des « likes » et incitent à la violence pour générer des vues ». Pour le chef des Nations Unies, l’essor de l’IA et de plateformes numériques insuffisamment régulées accélère encore cette dynamique.
Or les discours de haine sont selon lui la première étape sur la voie de la déshumanisation, qui mène trop souvent à la violence, aux conflits et aux crimes atroces.
La journée internationale de lutte contre les discours de haine est célébrée chaque année le 18 juin.
La haine change d’échelle
Le danger ne réside plus seulement dans le contenu des messages, mais dans leur vitesse de propagation et leur capacité à devenir ordinaires.
« La haine est désormais devenue dominante », a averti lors de la réunion Chaloka Beyani, conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide. Ce phénomène, qu’il décrit comme « caméléon », change sans cesse de forme et de vecteur. « Les normes se sont effondrées, tout comme les piliers de notre humanité », a-t-il lancé, appelant à une mobilisation de l’ensemble de la société – États, entreprises, universités, médias, chercheurs et…
Auteur: Nations Unies FR

