Alessandro Pignocchi est ancien chercheur en sciences cognitives reconverti dans la bande dessinée. Très tôt, il développe une passion pour les oiseaux, d’où ses premiers voyages en Amazonie où il part vivre dans des communautés Jivaros. Sa découverte des travaux de l’anthropologue Philippe Descola le pousse s’intéresser aux cultures indigènes, notamment concernant leurs rapports animistes au monde, quand le nôtre est principalement naturaliste. Ces dernières années, il a fait paraître un certain nombre de BDs à l’aquarelle qui sont belles, drôles et acerbes. Elles jouent sur des retournements, sur l’absurde et abordent le monde actuel par le biais de l’anthropologie et de l’écologie radicale. Il a vécu sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes et aujourd’hui, il est un soutien actif du mouvement des Soulèvements de la Terre, constamment menacé par le pouvoir en place. Il y a peu, il a participé à l’occupation du glacier de la Grave afin de le défendre contre un projet de construction d’un nouveau tronçon d’un téléphérique (son compte-rendu BD de cette action est à lire sur son blog, Puntish). Dans un contexte de crise écologique extrêmement grave et d’un mouvement de révolte dans l’agriculture, il nous a semblé opportun de lui poser ces quelques petites questions.
– Le mouvement de révolte qui traverse le monde agricole est extrêmement impressionnant. Jamais l’État sous Macron n’avait semblé craindre une colère au point qu’il refuse, autant qu’il l’a pu, la confrontation et la répression. Comment l’expliquer ?
Il y a les raisons évidentes – le soutien de la population, la collusion de la FNSEA et de l’État, la peur de voir encore monter le vote RN aux Européennes – et des raisons plus structurelles. L’agriculture industrielle est à la fois la base et la matrice du système de domination que nous connaissons. Elle en est la base, car le capitalisme, pour fonctionner, a besoin…
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