Discussion avec Michel Kokoreff, auteur de La diagonale de la rage

Il a fait paraître Violences policières : Généalogie d’une violence d’État, en 2020, La diagonale de la rage. Une histoire de la contestation sociale en France. De 1968 à nos jours, en 2021 et Spectres de l’ultra-gauche. L’État, les révolutions et nous, en 2022. Voici ses propos, lorsqu’il était passé à Bordeaux présenter un de ses livres, et réactualisés par ses soins récemment :

 

 
– Bonjour Michel Kokoreff. Votre livre s’appelle : La diagonale de la rage. Revenons sur ce titre. Une diagonale, c’est ce qui sert à prendre un biais, un chemin de traverse, c’est ce qui permet d’aborder ce qui est rarement abordé. Dans votre livre, vous parlez des banlieues, des mouvements de la jeunesse en général, des groupes autonomes s’organisant en marge des partis et des syndicats, et enfin, des gens vivants en périphérie, qui se retrouvent sur les ronds-points. Ensuite, la rage, qui est l’état mental au summum de la colère, c’est peut-être ce qui différencie le révolutionnaire du réformiste. Expliquez-nous le choix de ce titre ?

- Je pense que nous avons vécu au moins depuis fin 2015 une période de mobilisations très intense, aussi bien marquée par la rage, la colère, le dégoût, que par la joie et l’enthousiasme. Ces affects sont indissociables et fondamentaux à prendre en compte dans l’analyse, on y reviendra. De la mobilisation contre la loi Travail qui débouche sur Nuit Debout, en 2016, puis du mouvement des ingouvernables en 2017, avant et juste après les élections présidentielles, du mouvement social de 2018 contre la réforme des retraites, Parcours Sup, à la victoire et à l’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, l’occupation des lycées et des universités, jusqu’aux Gilets Jaunes, et passé le confinement de la rage avec la Covid, ça ne s’est jamais arrêté…

Au fond, je n’ai cessé d’être rattrapé par mon objet : les formes de contestation et de…

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