Languidic, Damgan (Morbihan), reportage
Une hirondelle argentée brille à l’oreille de Didier Masci. Le bijou lui rappelle ses années passées à sauver les oiseaux mazoutés. D’abord sur les plages bretonnes, suite au naufrage de l’Erika en 1999, puis en Afrique du Sud, deux ans plus tard. Il en avait rapporté sa première boucle d’oreille, « un manchot », sourit-il, attablé dans le foyer de Piafs, le centre de soins pour animaux sauvages qu’il a fondé en 2007 à Languidic (Morbihan).
Il y soigne désormais des oiseaux blessés et mutilés par les activités humaines et se retrouve parfois démuni face à des maladies émergentes pour lesquelles aucun traitement n’existe. Car, après les marées noires, une nouvelle menace s’est installée, plus sourde, mais tout aussi ravageuse : celle des déchets plastiques.
Jadis, Didier Masci recueillait jusqu’à 250 oiseaux marins en même temps. Aujourd’hui, ils sont à peine quelques poignées dans ses volières. L’effondrement des populations est spectaculaire : entre 1950 et 2010, 70 % des oiseaux marins ont disparu dans le monde. En Bretagne, 43 % des oiseaux sont aujourd’hui « menacés » ou « quasi-menacés » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. À la prédation, aux tempêtes et aux captures accidentelles s’ajoute désormais le plastique. Omniprésent, insidieux, souvent mortel.
Des oiseaux blessés souvent retrouvés trop tard
Sous un timide soleil printanier, Olivia, stagiaire dans l’association, fait voler quatre goélands en convalescence. Les volatiles obtempèrent cahin-caha, trois d’entre eux ayant désormais une aile atrophiée. Plus loin, dans l’infirmerie, un pigeon est soigné pour une plaie infectée : il s’est emmêlé dans un ruban en plastique. « Il faudra lui couper un autre doigt », regrette Jimmy, soigneur bénévole, observant que l’extrémité ne réagit plus et gène…
Auteur: Juliette Pavy, Violaine Colmet Daâge

