L’ESSENTIEL
-
La dissection aortique est une affection cardiovasculaire particulièrement grave, entraînant un taux de mortalité élevé.
-
Sa forme chronique évolue souvent vers un anévrysme de l’aorte qui risque d’entraîner sa rupture.
-
Un nouveau projet de recherche ambitionne de créer, pour chaque patient, un « jumeau numérique », autrement dit un modèle personnalisé permettant de prédire l’évolution de la maladie.
La dissection aortique est une pathologie cardiovasculaire grave, potentiellement fatale. Elle résulte de la déchirure de la couche interne de la paroi de l’aorte, la plus longue artère du corps humain, qui transporte le sang riche en oxygène du cœur vers les organes.
Le sang qui s’infiltre entre les différentes couches de la paroi de l’aorte les sépare et crée un « faux chenal » (le vrai chenal étant le passage habituel du sang dans l’artère). Ce faux chenal fragilise l’aorte, et peut mener à sa rupture. Par ailleurs, il peut progresser dans la paroi, et toucher d’autres artères, les fragilisant elles aussi.
La prise en charge chirurgicale des formes les plus graves de dissection aortique doit être rapide, car son taux de mortalité est très élevé.
L’un des problèmes majeurs concernant la dissection aortique est que, même après un traitement chirurgical, les patients peuvent développer une forme chronique, laquelle présente le risque d’évoluer vers un anévrysme augmentant le risque de rupture.
Pour tenter d’anticiper une telle évolution, le projet « Aortic Dissection Evaluation Prediction from Digital Twin » (ADEPT) a été mis en place. Celui-ci vise à mettre au point un jumeau numérique personnalisé de l’aorte pour les patients atteints de dissection aortique chronique, afin de prédire leur risque de développer un anévrysme.
Alors que pour l’instant, seuls des critères anatomiques sont utilisés, le projet ADEPT ambitionne d’intégrer un grand nombre…
Auteur: Alain Lalande, Maitre de conférences, Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC)
