En septembre 2023, en réponse à l’arrivée de près de 10 000 migrants sur l’île de Lampedusa, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté un catalogue de dix mesures immédiates. On y trouve notamment un appel à « augmenter le nombre des campagnes de sensibilisation et de communication afin de décourager les traversées de la Méditerranée », ainsi qu’à « intensifier la coopération avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ».
Cet épisode rappelle la place centrale des campagnes d’information et de dissuasion de l’immigration irrégulière dans les politiques européennes, ainsi que le recours aux organisations internationales pour leur mise en œuvre.
En 2022, le HCR lance dans plusieurs pays africains la campagne « Telling the Real Story », qui veut « raconter la véritable histoire », en insistant sur les terribles épreuves qui attendent les candidats à l’émigration irrégulière, comme le trafic et la traite d’êtres humains.
Quant à l’OIM, cela fait trois décennies qu’elle organise de telles campagnes, à l’instar de « Migrants as Messengers », qui fait d’anciens migrants des « messagers » en leur donnant la parole afin qu’ils dissuadent les jeunes tentés de partir.
L’argumentaire est toujours le même : les candidats à l’émigration en Afrique sont ignorants des risques et il faut donc les informer afin qu’ils prennent la bonne décision, à savoir rester chez eux ou migrer uniquement s’ils en ont le droit ; à cela s’ajoutent des messages sur les opportunités dans le pays d’origine et le devoir de contribuer au développement de l’Afrique.
Des…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Antoine Pécoud, Professeur de sociologie, Université Sorbonne Paris Nord

