Lutte locale : une connaissance fine du territoire
L’urgence écologique nous oblige à revoir nos manières de militer et de lutter. Chaque projet écocidaire est un pas de plus vers la dérèglement climatique, la chute de la biodiversité et la pollution des sols. Comment s’organiser localement contre l’édification de centres commerciaux ou plateformes logistiques, contre la construction d’infrastructures routières ou aériennes archaïques, contre les projets d’extraction industrielle? Qu’est-ce qui mène à la victoire et à l’abandon des projets ?
Chaque nouveau projet arrive sur la table avec sa communication méliorative de la part des entreprises privées et / ou des institutions qui y sont favorables : promesse d’embauche, souveraineté alimentaire ou industrielle… Les contextes économiques locaux sont souvent en demande d’implantation d’emplois, les prix du foncier sont modérés, la faible densité de population limite les oppositions. Ce sont des contextes idoines pour des implantations économiques !
Les études d’impact et chiffres avancés par les porteurs de projet sont souvent tronqués ou falsifiés pour encourager les opinions favorables et passer sans encombre les étapes juridiques.
Dans toutes les victoires étudiées par Gaëtan Renaud, il faut réaliser en premier lieu « un travail méticuleux de construction d’un argumentaire » qui « permet de prouver le caractère “non essentiel” d’un projet ». Les militants doivent apprendre à éplucher une étude d’impact, réaliser leurs propres analyses avec l’aide de juristes, d’avocats, de naturalistes ou d’écologues.
L’argumentaire militant enrichi de ces expertises devient alors complet et « systémique », contrairement à celui des porteurs de projet, se construisant autour de la totalité des thématiques touchées : environnementales, sociales et économiques.
Auteur: Florian Grenon

