Le 23 mars 2014, Steeve Briois, candidat du Front National, est élu maire d’Hénin-Beaumont, ex-fief de gauche affaibli par les affaires. Dix ans plus tard, il se targue d’en avoir fait une « vitrine de bonne gestion », quand ses opposants dénoncent son « harcèlement ».
Quand il conquiert cette ancienne cité minière frappée par la désindustrialisation, base arrière de Marine Le Pen, l’édile, 51 ans aujourd’hui, assure n’avoir reçu « aucune consigne ».
Depuis son bureau de l’hôtel de ville, il se félicite de la « baisse des impôts locaux », des « travaux de rénovation », « des festivités » et de la mise en place « d’un système de vidéoprotection » de 127 caméras.
« Il n’y a pas de volonté de politiser le quotidien des gens », mais de « démontrer que les élus RN sont en capacité de gérer convenablement une ville », martèle le nordiste, militant au parti de Jean-Marie Le Pen depuis ses 16 ans.
Pourtant à son arrivée, Steeve Briois prend des initiatives polémiques: suppression des aides à la Ligue des droits de l’Homme, charte « ma commune sans migrant ». Un arrêté anti-mendicité est retoqué par la justice, et la crèche de Noël dans le hall de l’hôtel de ville déclarée illégale car contraire à la laïcité.
Les élus RN « ont eu cette tentation de faire des symboles frontistes », mais ils « ont été mis en échec », relate Marine Tondelier, la secrétaire nationale d’EELV, élue d’opposition depuis 2014. Le maire opte alors pour une « normalisation ».
M. Briois a une stratégie « attrape-tout » qui « gomme les aspects d’extrême droite », analyse l’ex-directeur de Science Po Lille, Pierre Mathiot. Une méthode éprouvée qui, au niveau national, permet au RN de figurer en tête des intentions de vote aux prochaines élections européennes.
Hénin-Beaumont est d’autant plus stratégique qu’elle représente pour Marine…
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