La saison des récoltes de betteraves n’était pas encore entamée, fin septembre, que la puissante Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) demandait déjà une dérogation concernant le flupyradifurone pour les semis 2027.
Cet insecticide, interdit en raison de sa dangerosité, a des modes d’action proches de ceux des néonicotinoïdes : il s’attaque au système nerveux des insectes. Sa « mission » dans les champs de betteraves, c’est d’en finir avec les pucerons verts, vecteurs de la jaunisse, un virus qui peut détruire une partie conséquente des récoltes. Évidemment, de nombreux autres insectes disparaissent en même temps, notamment les abeilles.
« Ils ne changeront jamais », se désole Sébastien Lemoine à propos de ses collègues en demande de flupyradifurone. Agriculteur dans les Hauts-de-France, première région de betteraves sucrières de France, il fait partie de la poignée de producteurs qui cultivent des betteraves sans utiliser de pesticides. « Plus on met de pesticides, plus le virus de la jaunisse se développe rapidement. Pourquoi ? Parce que les pesticides font place nette, et les pucerons ne trouvent aucun prédateur quand ils arrivent », explique-t-il.
Passé au bio en 2009
Reprise en 1996, la ferme familiale de 71 hectares sur laquelle Sébastien Lemoine travaille est passée en agriculture biologique en 2009. « J’en avais marre de traiter », résume-t-il simplement. En plus des betteraves, qui ne représentent pour le moment qu’une petite partie de sa production, Sébastien Lemoine fait pousser des carottes, des panais, des oignons, des haricots verts, des petits pois, des pommes de terre et des céréales sur de très grandes surfaces. Chaque culture s’étend sur plusieurs hectares. « Ma ferme est pauvre en intrants chimiques mais riche en main d’œuvre, sourit-il. On est à un temps plein pour 12 hectares en moyenne, c’est au moins deux fois plus que chez mes voisins…
Auteur: Nolwenn Weiler
