Ce texte rédigé par le collectif Roja, constitue une intervention collective portée par une partie de la gauche iranienne en diaspora et en exil. Il entend répondre aux problèmes politiques, aux contradictions et aux nouvelles lignes de fracture qui traversent les forces anti-impérialistes et qui se sont accentués depuis le 7 octobre 2023, notamment autour de la question de la République islamique d’Iran. Il propose une analyse critique des raisons pour lesquelles toute politique anti-impérialiste conséquente doit aujourd’hui s’opposer aux guerres impérialistes, aux sanctions et aux projets de changement de régime, tout en combattant simultanément la répression et les massacres perpétrés par la République islamique. Une telle position ne suppose toutefois ni de mettre sur le même plan la République islamique, les États-Unis et Israël, ni d’effacer les profondes asymétries de pouvoir qui les séparent.
1. Débat sur le sens de l’« impérialisme »
Les guerres ne se contentent pas de déchiqueter les corps, les territoires, les foyers et les possibilités de vie collective ; elles pénètrent à l’intérieur des organisations et des collectifs politiques, des amitiés et des familles, fragmentent parfois les horizons communs de lutte. Au cœur de la dévastation, les fractures politiques et théoriques se sont également approfondies : sur le sens de l’impérialisme et son lien avec la reproduction du capital mondial, sur le rapport entre guerre extérieure et répression intérieure, sur la possibilité d’une solidarité entre des luttes hétérogènes, et sur les conditions d’élaboration d’une politique émancipatrice qui ne se soumette ni aux camps du pouvoir, ni ne suspende la lutte jusqu’à un « moment plus opportun ».
Ce qui suit a été écrit dans ce contexte. C’est un texte collectif rédigé du point de vue d’une partie de la gauche iranienne en diaspora. Le point de départ est celui des…
Auteur: dev
