Panique au Japon. Le gouverneur d’Akita, au nord du pays, a demandé mardi 28 octobre à l’armée d’intervenir face à une succession « vraiment effroyable » d’attaques mortelles d’ours dans le pays. « Nous sommes désormais dans une situation où la vie de nos concitoyens ne peut être protégée sans l’aide des Forces d’autodéfense », a déclaré Kenta Suzuki.
Un triste record a en effet été récemment établi : dix personnes sont mortes cette année au Japon dans des attaques d’ours, le chiffre le plus élevé depuis le début de leur recensement en 2006. Sur les réseaux sociaux, des extraits vidéos de caméras de vidéosurveillance filmant ces mammifères dans des supérettes, des parcs ou des jardins de zones pavillonnaires se multiplient.
Des morts très rares
Faut-il y voir le signe que les ours deviennent plus dangereux ? Les chiffres montrent que les attaques d’ours bruns – l’une des huit espèces d’ursidés – ont effectivement augmenté entre 2000 et 2015 dans plusieurs régions du monde : en Amérique du Nord, en Europe et en Asie de l’Est (1).
Malgré cette hausse, les experts rappellent que les rencontres tragiques entre ours et humains restent « très rares ». Et en moyenne, seuls 9 % environ des attaques recensées dans le monde sont mortelles, selon une étude publiée dans PLOS Biology (2). « Chaque année, les piqûres d’abeilles font plus de victimes » que ces grands mammifères, rappelle au National Geographic John Beecham, du Groupe de spécialistes des ours de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
L’augmentation des interactions entre ours et humains s’explique davantage par des causes humaines ou environnementales. Au Japon – qui compte près de 60 000 ours – le réchauffement climatique perturbe leur habitat et raréfie leur nourriture habituelle, poussant ces animaux à s’enfoncer de plus en plus dans les…
Auteur: Charlotte de Frémont
