Dans la cour d’une ferme familiale de la plaine du Doubs, l’odeur âcre de la mort flottait encore dans l’air, mercredi matin. La veille, les 82 bovins de l’Earl Lhomme, vaccinés un mois plus tôt contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), ont été euthanasiés sur décision de l’État. Cette maladie virale des bovins est responsable de nodules cutanés, transmise par piqûres d’insectes, non-transmissible à l’humain.
Au sein de la ferme, plusieurs centaines de manifestants (paysans, voisins, citoyens), s’étaient rassemblés après l’appel conjoint de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale. Aux gaz lacrymos et tirs de LBD, censés faciliter le passage des vétérinaires, se sont mêlés les bruits des carcasses jetées dans la benne jusqu’à tard dans la soirée.
Escalade de violence
Jeudi 27 novembre, heure de la traite. Cédric Lhomme constate un nodule sur la patte de l’une de ses vaches. La veille, il avait déjà remarqué un changement au niveau des mamelles. Il contacte immédiatement le vétérinaire, qui le rassure : il s’agit probablement d’un effet secondaire du vaccin, et dans le cas contraire, la situation sera gérable au cas par cas.
Pourtant, lorsque des agents préfectoraux débarquent à la ferme, deux jours plus tard, leur décision est déjà prise et irrévocable : le troupeau entier sera abattu.
La Confédération paysanne et la Coordination rurale appellent à la mobilisation en urgence le lundi 1er décembre, après avoir disposé un référé-liberté contre cette décision d’abattage total, examinée le matin du 2 décembre devant le tribunal de Besançon. Objectif : bloquer l’abattage de 82 bovins vaccinés.
« Certains d’entre nous sont arrivés la veille au soir ou à l’aube », explique Laurence Lyonnais-Meslob, porte-parole de la Confédération paysanne du Doubs, pour La Relève et La Peste.
Des soutiens de tous les horizons sont venus prêter main forte : «…
Auteur: Louise Canu

