Refroidir la machine budgétaire avant qu’elle ne s’emballe. Après plus d’un mois d’attente, le gouvernement a annoncé de premières décisions pour respecter au mieux la trajectoire budgétaire votée en début d’année, et l’objectif d’un déficit public à 5% du PIB. Ces mesures de freinage doivent servir à compenser les surcoûts financiers, les soutiens sectoriels mis en œuvre, et le manque à gagner fiscal occasionnés par le conflit au Moyen-Orient.
Au moment du comité d’alerte du 21 avril, l’exécutif avait annoncé sa volonté de réaliser 6 milliards d’euros d’économies en gestion au cours de l’année, à travers des gels crédits ou des annulations « ciblées ».
On en connaît désormais les grands équilibres. Concernant le budget de l’État, le gouvernement s’apprête à geler 3,2 milliards d’euros de crédits, une opération qui consiste à les rendre indisponibles à titre conservatoire, avec la possibilité de les réactiver plus tard. Bercy est aussi sur le point d’annuler, par décret également, 847 millions d’euros de crédits budgétaires. Ces annulations ne concernent pas les dépenses liées aux salaires des fonctionnaires, et porteront « pour l’essentiel » sur la réserve de précaution de chaque ministère. Mis de côté en cas d’aléas, environ 4 à 5 % des crédits ne sont en effet pas programmées, car ils doivent être mobilisés en cas d’aléas afin de respecter le cadre global de la loi de…
Auteur: Guillaume Jacquot

