1) Quand Zelensky n’était encore que Volodia
par Vladimir Caller
Le 13 mai de cette année, la chaine franco-allemande Arte-TV a présenté un documentaire sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a connu une très large diffusion internationale. La date de son lancement n’a pas été choisie au hasard ; il s’agissait d’assurer sa présentation au festival de Cannes. Ainsi, le président ukrainien, qui avait déjà ouvert la séance inaugurale de ce gala en 2022 avec un bref message appelant le monde à soutenir son pays victime des « crimes massifs de la Russie », revenait cette fois avec un reportage hagiographique de plus de deux heures entièrement dédié à l’honorer.
Un système bien rodé
Le documentaire, dont la direction politique a été assurée par l’éditorialiste du journal Le Monde, Ariane Chemin ne fait que confirmer l’excellence du système de communication médiatique qui a caractérisée, dès son début, le traitement occidental du conflit en Ukraine. Ainsi, l’écran nous présente un cocktail savant, très équilibré et varié, alternant l’évocation nostalgique des festivités d’antan avec des souvenirs plus sombres de violences. Et ce, sur fond d’un message politique subliminal permanent qui lui, n’est ni équilibré ni varié : le culte du président Zelensky, univoque et sans réserve.
Les premiers moments sont quasi bucoliques, c’est l’enfance de Volodymyr. Encore préadolescent, il donnait déjà des preuves d’attachement à la liberté en refusant de garder la tradition d’accrocher au cou des foulards rouges propres aux élèves soviétiques. Refus, certes chargé de symbole prémonitoire, mais dont le téléspectateur n’aura pas le moindre début de preuve, l’important étant, semble-t-il, que l’on retienne l’attachement inné du personnage à la liberté. L’important, c’est que le message passe.
Le poids des mots
Et le message passera, bien sûr. Toujours dans la…
Auteur:

