La cession d’Opella par Sanofi est un nouvel épisode de la financiarisation de l’industrie française. Inaugurée dans les années 1990 par le démantèlement des noyaux durs issus des privatisations, la financiarisation désigne l’objectif de création de valeur pour l’actionnaire assigné aux dirigeants d’entreprise par les nouveaux actionnaires contrôlant les groupes cotés en Bourse, dont les titres doivent procurer un certain rendement boursier. Celui-ci dépend des dividendes versés, rendant attractive l’acquisition des titres sur le marché, ainsi que de leur plus-value latente (réalisée en cas de revente).
La financiarisation a contaminé les grandes familles du capitalisme français, qui nouent souvent alliance avec des investisseurs institutionnels à la recherche de rendements définis (pour servir des pensions de retraite dans le cas des fonds de pension) ou de rendements maximaux (dans le cas de fonds spéculatifs). Dans le cas Sanofi, les actionnaires de référence sont L’Oréal, détenu par la famille Bettencourt, mais aussi les fonds d’investissement Dodge & Cox et Amundi.
Sur le même sujet : Sanofi, leave France !
De concert, ils considèrent que Sanofi doit désormais se recentrer sur un cœur de métier à forte valeur ajoutée (tels les maladies rares et immuno-inflammatoires, l’hématologie et les vaccins) et céder sa filiale fabriquant des médicaments grand public accessibles sans ordonnances, comme le paracétamol, jugée insuffisamment rentable. Nommé en mai 2023 à la présidence du conseil d’administration de Sanofi, Frédéric Oudéa mènera à bien cette restructuration.
Issu du corps des inspecteurs des finances, ce dernier fut, par le passé, membre du cabinet de Nicolas Sarkozy à Bercy, puis nommé directeur général de la…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

