L’opération est désormais sur les rails, avec un droit de regard de l’État. Médicament de base dans le quotidien des Français, le Doliprane va passer sous pavillon américain l’an prochain. Le groupe pharmaceutique Sanofi a confirmé ce lundi qu’il était entré en négociations exclusives avec le fonds d’investissement américain CD&R pour lui céder 50 % du capital de sa filière Opella qui produit notamment cet antalgique le plus commercialisé en France. L’entreprise française avait annoncé l’an dernier son intention de se séparer de sa branche de médicaments sans ordonnance, pour accélérer son développement sur les produits et les vaccins innovants.
Devenu partie prenante dans les discussions, en raison du caractère sensible de la vente sur le plan sanitaire comme économique, l’État va monter symboliquement au capital d’Opella par l’intermédiaire Bpifrance. La Banque publique d’investissement va acquérir 1 à 2 % du capital (100 à 150 millions d’euros), de sorte à assurer à l’État une place au conseil d’administration de l’entreprise. Pour Bercy, cette mesure lui permettra d’être alerté « si une orientation non conforme aux engagements pris venaient à être proposée », et le cas échéant, d’ « infléchir toute décision contraire à ses intérêts sanitaires et industriels ». « Vous avez devant vous deux ministres qui n’ont aucune forme de naïveté », a assuré le ministre de l’Economie…
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Auteur: Guillaume Jacquot

