Détonateur de marque Dupond, début du XXe siècle
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Carry trade… C’est obscur. C’est névralgique. On sait déjà, entre private credit et krach IA, dans quel état est la finance. On ne sait pas si ce qui est en train de se passer sur les taux d’intérêt souverain, sur le front du change yen / dollar notamment, entre dans la catégorie des explosifs ou dans celle des détonateurs — peut-être bien un peu des deux.
Remous yen-dollar
Lire aussi Renaud Lambert,
Frédéric Lemaire &
Julien Trévisan, « La lame du dollar et la plaie monétaire », Le Monde diplomatique, septembre 2026.
Le carry trade donc. Le carry trade est une opération spéculative qui consiste à emprunter dans une devise à faible taux d’intérêt pour placer dans une autre avec de meilleurs rendements (des taux plus hauts), et empocher sa petite plus-value. Par exemple : le Japon, terre de taux d’intérêt nuls depuis la fin des années 1990 — formidable. Les carry traders se sont donc installés de longue date dans ce business simple et profitable : emprunter japonais, placer étasunien. On en était là et puis voilà que les taux japonais se sont mis à remonter. Et pas qu’un peu. Mais pourquoi donc ? Parce que l’économie japonaise est progressivement sortie de son long coma déflationniste, par-dessus quoi les amusements de Trump dans le détroit d’Ormuz sont venus pousser comme il faut la remontée d’inflation (le Japon, comme le reste de l’Asie du Sud/Sud-Est, est très dépendant du Golfe pour ses approvisionnements énergétiques). Voilà donc que les autorités japonaises se mettent en devoir d’y faire quelque chose. Ceci d’autant plus que le yen est tombé à des niveaux inquiétants : de 80 yens pour 1 dollar en 2011, il est descendu jusqu’à 163 fin juillet. Et le yen faible nourrit l’inflation, par la composante des prix importés. Voilà deux raisons d’augmenter les…
Auteur: Frédéric Lordon
