Le 3 avril dernier commençait le procès d’agents de la Brav-M, mis en cause par un enregistrement effectué à leur insu en mars 2023, qui révélait leurs pratiques brutales à l’égard de personnes interpellées lors d’une soirée de manifestations. Les policiers s’en étaient particulièrement pris à la seule personne noire du groupe, Monsieur S., qui subissait coups, menaces, propos racistes, homophobes et sexistes. Son avocat, Arié Alimi, a pu faire apparaître les contradictions des agents en les conduisant par ses questions à passer, en l’espace de quelques secondes, d’une version à une autre devant le tribunal.
Deux ans plus tôt, dès la révélation de l’affaire, les défenseurs de l’institution policière déclinaient leur argument sempiternel : « Le comportement de quelques individus ne doit pas jeter l’opprobre sur toute une unité », expliquait le préfet de police Laurent Nuñez. Mais quel opprobre ? Loin de déshonorer la Brav-M, l’affaire n’exprime-t-elle pas plutôt avec limpidité son essence même : une police violente et intimidante ? Les agents mis en cause ont-ils appliqué d’autres principes que ceux d’une brigade façonnée pour l’intimidation, la répression, les interventions choc et le quadrillage des quartiers populaires ? La création de la Brav-M devait-elle servir à autre chose qu’à soumettre, par la menace et par les coups, les publics dont les autorités préfèrent qu’ils se fassent discrets ?
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Pour plaider leur cause, les agents impliqués ont dénoncé lors de l’enquête le comportement provocant de leur victime, coupable de « sourires », de « regards », d’« arrogance » et d’« insolence »….
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