En France comme dans le reste du monde, les multinationales ont acquis un pouvoir disproportionné et dangereux. Elles mettent les pays en concurrence, pèsent lourdement sur les normes sociales, fiscales et écologiques, exploitent les populations, détruisent les ressources naturelles, maximisent les profits et disposent de moyens d’influence considérables sur nos sociétés.
Un retour de l’intervention publique paraît indispensable, à rebours du laisser-faire néolibéral qui a régné aux cours des décennies passées. Plusieurs options pourraient être envisagées.
Démanteler les grands groupes
Le démantèlement des grands groupes peut paraître une proposition radicale, mais cette forme d’intervention publique a en réalité une longue histoire, notamment aux États-Unis. Elle permet d’atteindre efficacement deux types d’objectifs. Le premier est de mettre fin à des positions dominantes d’entreprises. C’est ainsi que, en application de la législation antitrust aux États-Unis, il a été procédé au démantèlement de monopoles tels que la Standard Oil en 1911 dans le secteur du pétrole, et d’American Telephone and Telegraph (AT&T) en 1982 dans le secteur des télécommunications.
Le monopole pétrolier de la Standard Oil, bâti en quelques années par John Rockefeller, était devenu une menace de par sa capacité à racheter ses concurrents, à faire plier ses fournisseurs et à conserver ses parts de marché en écrasant les prix. Le géant pétrolier fut morcelé en 39 sociétés différentes. Certaines d’entre elles, comme Exxon et Mobil, ont été autorisées à re-fusionner dans le contexte néolibéral des années 1990.
En 1982, le gouvernement américain obtint cette fois le démantèlement du monopole d’AT&T, qui allait depuis les appels locaux aux services longue distance, en passant par la fabrication de téléphones et la réparation de lignes. Ce géant des télécoms, alors la plus grande entreprise au monde,…
La suite est à lire sur: france.attac.org
Auteur: Plihon Dominique

