Mercredi dernier, au premier jour de sa visite d’État au Royaume-Uni, Donald Trump a été accueilli sous les ors du château de Windsor. Dans ce brillant article, Philippine Le Croissant propose d’examiner le rapport qu’entretiennent kitch et fascisme. Comme elle le précise : « On pourrait peut-être en rire si le kitsch n’était pas historiquement et peut-être même intrinsèquement le pendant esthétique du fascisme. »
L’esthétisation du politique que prophétisait Benjamin dès 1936 est plus que jamais d’actualité lorsque l’on s’intéresse encore aux mascarades offertes par la scène politique internationale. De l’hypermédiatisation du défilé militaire organisé par Xi Jinping pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale à la visite de Donald Trump en Angleterre ce mercredi, les petits chefs font le show. Plus besoin de cinéastes officiels à la Leni Riefenstahl, les grandes nations peuvent désormais compter sur les images grandioses diffusées sur les télévisions et streams du monde entier.
Rappelons d’abord cette rencontre lunaire entre Trump et Kim Jong-un en juin 2018 à Singapour lors de laquelle le président américain avait ni plus ni moins fait monter un trailer digne des plus gros nanars de SF à destination du « dirigeant suprême », à base de séquences libres de droit ultra kitsch (grands espaces américains, images satellites de la surface de la Terre, femme batifolant dans un champ de blé, enfants souriant…) et de slogans-clichés grandiloquents (« the past doesnt have to be the future » ; « out of the darkness can come the light, and the light of hope can burn right » ; « two leaders : one destiny » ; « what if can history be changed ? »…). Le film de quatre minutes se présente comme la bande-annonce de l’Histoire la veille d’un grand soir sinistre « featuring Donald Trump and Chairman Kim Jung-Un » où les deux protagonistes-maîtres du monde se…
Auteur: dev

