C’est une image marquante, qui n’a pourtant pas beaucoup été commentée. En pleine guerre contre l’Iran, le Président Trump, soucieux de marquer un engagement toujours croissant en faveur du christianisme, a donné le 1er avril 2026 un Easter Lunch, un déjeuner de Pâques, à la Maison-Blanche. Les médias en ont surtout retenu les mots de la dirigeante du Bureau de la Foi, Paula White, qui, dans une envolée lyrique pour le moins surprenante, a comparé Donald Trump à Jésus, déclenchant une tempête de critiques et de commentaires acerbes. De nombreux commentateurs ont parlé de blasphème.
Mais au-delà des mots, l’image est peut-être plus significative encore : en effet, il y avait là sept leaders religieux. Une petite recherche sur leur identité donne des résultats significatifs. On distingue (troisième en partant de la droite sur la photo de couverture de cet article) l’évêque catholique de Winona-Rochester (Minnesota), Robert Barron. Les six autres, en revanche, sont tous des évangéliques. Cela n’a rien de surprenant car le cœur de l’électorat MAGA (Make America Great Again, « Redonnons sa grandeur à l’Amérique » est constitué d’évangéliques blancs). Pour qui examine ce cénacle avec attention, cependant, une autre information d’importance se fait jour : aux côtés de Franklin Graham, le fils de Billy Graham, et de Robert Jeffress, un pasteur baptiste, on trouve quatre évangéliques de tendance pentecôtiste ou charismatique (Paula White-Cain, Marilyn Rivera, Ramiro Peña et Ralph Reed). Il s’agit d’un témoignage indubitable de l’importance croissante des pentecôtistes charismatiques dans les sphères supérieures du pouvoir étatsunien.
Depuis le retour de Trump au pouvoir, les tentatives d’analyse du trumpisme, souvent brillantes, s’accumulent et on peut lire avec profit les ouvrages de Maya Kandel, Arnaud Miranda ou Norman Ajari. Cependant la plupart des analyses, qu’elles soient d’ordre…
Auteur: Le Média

