Barack Obama avait promis de fermer les portes de Guantanamo, Donald Trump les rouvre en grand. Fraîchement réélu, il a annoncé vouloir y bâtir un énorme centre de rétention, pour 30 000 migrants sans papiers. Son ministre de la justice a visité la base militaire pour préparer le terrain, ce 25 février, mais le gouvernement n’a pas attendu la concrétisation du projet pour commencer à y placer des personnes migrantes : les transferts ont commencé début février.
La prison de Guantanamo est bien connue du grand public : détenus en combinaison orange, cages à ciel ouvert, et récits de torture. Cette base militaire reconvertie au lendemain du 11 septembre 2001, a accueilli ses premiers détenus dès l’année suivante : des « ennemis combattants », soupçonnés d’avoir participé aux attentats. Loin du territoire des États-Unis pour éviter la compétence des juges américains, George W. Bush a aussi écarté, dès 2002, l’interdiction de la torture et le droit au procès équitable aux terroristes présumés.
Un prétendu « trou noir » du droit
La communauté internationale conteste : « À aucun moment les détentions à Guantánamo Bay n’ont relevé d’un quelconque « trou noir juridique ». Le droit international relatif aux droits de l’homme a toujours été totalement applicable. », signale le Conseil de l’Europe dès 2005.
Les migrants détenus sur Guantanamo depuis début février, dont plus de 170 ont été renvoyés vers le Venezuela, racontent, dans le Washington Post, des conditions de détention extrêmes : enfermés dans des cellules sans fenêtres ou des cages, avec un sceau en guise de toilettes, un seul accès en extérieur par semaine, et forcés de subir des fouilles internes à chaque sortie de cellule. Tous affirment n’avoir eu aucun accès à un avocat ou à leur famille.
« L’administration Trump viole le droit international »
Pour Diane Fogelman, chargée de plaidoyer à Amnesty…
Auteur: Camille Ribot

