À la surprise de la plupart des observateurs médiatiques, et de la cheffe de l’exécutif elle-même qui en a été l’initiatrice, le « non » l’a nettement emporté lors du référendum des 22 et 23 mars derniers en Italie.
Son enjeu était en apparence limité : une réforme judiciaire qui entendait séparer la carrière des juges et celle des procureurs et modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. En réalité, il traduisait les efforts que la droite italienne entreprend de longue date pour mettre au pas le pouvoir judiciaire, qu’elle perçoit comme une entrave à sa politique. Au-delà se dessinait la perspective de modifications plus profondes de la Constitution, considérée comme l’une des plus démocratiques d’Europe et qui porte l’empreinte de l’unité des forces antifascistes qui a présidée à sa rédaction.
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Le camouflet essuyé par Giorgia Meloni, en tête depuis octobre 2022 d’une coalition gouvernementale de la droite et de l’extrême droite, dont elle est elle-même la figure de proue, marque un tournant de la situation politique dans la péninsule. Loin de se limiter à une saute d’humeur dans les urnes, il révèle les tendances profondes qui traversent la société italienne, et qui se sont notamment manifestées par le puissant mouvement de solidarité avec la Palestinequi a secoué le pays en septembre et octobre dernier.
Ce sont ces tendances qu’analyse dans cet article, Giuliano Granato, porte-parole de Potere al Popolo.
- Le taux de participation de 58,9% nous montre qu’être un « pays de somnambules » (selon la définition du Censis-Centro Studi Investimenti Sociali lié aux institutions publiques et à de grandes entreprises) n’est pas une fatalité, mais une tendance qui peut être renversée.–
- Le taux de participation dans le Sud est d’environ dix points inférieur à celui du Nord. Une raison, qui devient de plus en…
Auteur: romain romain

