D’abord, nos pensées vont vers toutes les personnes touchées par les événements terribles qui ont pris place dans le train entre Yverdon et Sainte-Croix. L’épisode épouvantable vécu par les quinze passagers et passagères est un traumatisme que personne ne devrait devoir vivre.
La solidarité avec les victimes auxquelles nous adressons notre soutien ne doit toutefois pas nous empêcher d’interroger les multiples violences en jeu dans ce drame. Nous invitons à penser hors de la binarité du bien et du mal, des gentils contre les malfaiteurs. Une analyse plus matérielle des causes de cette violence est nécessaire pour sortir de cet imaginaire manichéen et éviter que ce genre de drame ne se reproduise. Puisque nous estimons que la vie est un droit, il est important de questionner l’usage de la force et de la violence au détriment d’autres stratégies. Il est nécessaire d’appréhender les informations médiatiques récentes avec une certaine distance. En effet, les médias semblent vouloir noyer l’issue tragique de la situation en usant de sensationnalisme, un ton donné par les communiqués de police qui défendent leur vision des faits.
Alors qu’aucune enquête n’a encore été menée, on assiste déjà à un discours qui place la police en situation de légitime défense. Quand bien même, dans ce contexte, une défense aurait été légitime du côté des forces de l’ordre, à aucun moment ne devrait-elle s’incarner dans un tir létal. Pourquoi la police n’est-elle pas capable de maîtriser un homme ? D’autant plus lorsqu’il ne possède pas d’arme à feu ? Quatre heures pour un assaut massif, des tireurs d’élite et un dispositif impressionnant… nous refusons de croire qu’une perte humaine s’avérait être la seule issue possible.
La violence du drame ne doit pas non plus nous empêcher de considérer l’auteur de cette prise d’otage comme victime lui aussi, puisque sa vie lui a été enlevée. Victime…
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