Coûte que coûte, il faut maintenir notre attention sur la bande de Gaza. Un drame terrible se déroule en effet dans ce territoire palestinien surpeuplé et livré à la guerre depuis vingt-deux mois. La famine rôde en de nombreux endroits, et de nouveaux secteurs peuplés de dizaines de milliers d’habitants subissent de violents bombardements. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a décidé le 8 août de lancer une offensive d’ampleur avec pour objectif affiché de « désarmer » le Hamas et de libérer les otages détenus depuis l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. La campagne militaire n’en est qu’à ses préliminaires et l’engrenage semble sans fin puisque le mouvement islamiste palestinien n’entend pas renoncer à se battre et continue de recruter parmi une partie de la jeunesse.
Un des enjeux dans ce conflit très médiatique est, paradoxalement, la capacité à fixer le réel. Car la guerre des images, elle aussi, fait rage entre Ies deux ennemis. En interdisant l’accès du territoire aux journalistes étrangers, Israël restreint leur capacité à mener des investigations indépendantes. Les images, certes, ne manquent pas. Mais elles n’échappent pas à l’affrontement de deux récits. La partie palestinienne entend montrer, voire démontrer le caractère ignoble et cruel du conflit. La partie israélienne cherche plutôt à l’invisibiliser et à délégitimer les informations sur la détresse de la population.
Pour les médias, la responsabilité est grande de transmettre des éléments vérifiés. La Croix le fait en s’appuyant aussi sur les informations fournies par des acteurs indépendants : réseaux d’Églises, agences de l’ONU, États disposant de leurs propres sources de renseignement, ONG encore autorisées à agir sur le terrain. Tout converge pour accréditer le constat que la population de Gaza subit une catastrophe humanitaire sans précédent. Et que le seul moyen…
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