Le 19 mars 2024, des dizaines de caméras de télévision étaient braquées sur la cité de la Castellane, dans les quartiers nord de Marseille. Aux côtés de ses ministres Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti, Emmanuel Macron lançait en grande pompe l’opération « Place nette XXL » dans la cité phocéenne et dans l’ensemble des Bouches-du-Rhône.
Ce vaste et ambitieux dispositif avait associé le gratin de la sécurité nationale : six cents policiers et gendarmes mobilisés chaque jour pendant trois semaines, hélicoptères, drones, unités d’intervention (RAID, GIGN), unité nationale d’investigation et douane. Une opération « sans précédent » selon les mots du chef de l’État, avec un objectif clair : « Détruire les réseaux et les trafiquants, et que les quelques-uns qui rendent la vie impossible s’en aillent », avait déclaré Emmanuel Macron.
Les trafiquants vont revenir, ils attendent juste que l’opération se termine.
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Six mois après cette intervention coup de poing, ce vendredi 4 octobre, la cité de la Castellane est loin de ressembler à l’image de plaque tournante du trafic de drogue qu’on lui attribuait. La vie semble avoir repris son cours. Les parents viennent chercher leurs enfants à la sortie de l’école, tandis que les voitures, autrefois filtrées et contrôlées par un barrage de fortune installé par les dealeurs, peuvent désormais librement entrer et sortir de la cité.
Quelques dizaines de mètres en contrebas, deux véhicules de la police nationale sont garés au bord de la route. « Ils viennent environ un jour sur deux », nous glisse Camélia, la vingtaine, habitante de la cité. « Ils tournent un peu partout, les interventions sont plus fréquentes que d’habitude », explique-t-elle. Ces agents assurent la continuité de l’opération, pour éviter que les points de deal démantelés ne se reforment trop…
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Auteur: Tristan Dereuddre

