À 1 500 kilomètres de Paris, les femmes hongroises qui veulent avorter sont obligées d’écouter le pouls de leur fœtus avant d’entamer leurs démarches. Leurs sœurs croates, elles, doivent parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour trouver un gynécologue qui ne brandit pas sa clause de conscience. Quant aux Polonaises, elles ont en mémoire la condamnation en mars 2023 de la militante féministe Justyna Wydrzyńska, pour « aide à l’avortement ». Elle avait envoyé ses propres pilules abortives à une inconnue qui avait sollicité son ONG. La France est-elle préservée de ces cas en Europe, où l’accès à l’IVG est soit puni, soit extrêmement restrictif ?
Malgré l’inscription dans sa Constitution de la « liberté garantie d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse », le pays est loin d’être à l’abri des réactionnaires hostiles à un droit effectif à l’IVG. La droite sénatoriale a pesé de tout son poids pour affaiblir le texte porté par les parlementaires de gauche. Et les mouvements ultra-conservateurs n’ont pas dit leur dernier mot, comme La Marche pour la vie, dont des membres priaient et allumaient encore des cierges devant le Congrès, à Versailles, où les élu·es étaient réuni·es, lundi 4 mars.
Notre liberté ne nous a pas été donnée. Nous avons lutté et nous luttons toujours pour la conquérir.
N. T. Peratovic
Il faut aussi rappeler que 130 centres pratiquant l’IVG ont fermé en quinze ans, et qu’une femme sur quatre doit changer de département pour avorter. Du Planning familial aux députées et sénatrices qui ont poussé sans relâche l’initiative politique, toutes disaient à l’unisson, au lendemain du vote : « Le combat continue. »
« Notre liberté ne nous a pas été donnée »
Partout en Europe, les féministes n’ont de cesse de lutter pour préserver leurs droits, en arracher de…
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Auteur: Hugo Boursier

