La bataille pour la régularisation des travailleurs migrants (dont ce que nous voyons ces jours-ci ne devrait être par nous-mêmes conçu que comme la première étape d’une longue série de revendications) constitue une bataille de civilisation. Mais aussi une lutte qui marque la lutte entre une culture de droite et une culture de gauche, c’est-à-dire entre particularisme et universalisme.
En effet, dans cette lutte est en jeu le principe selon lequel chaque individu en tant que tel, indépendamment de son appartenance à ce ou cet État, est titulaire de droits.
Ceux qui refusent la régularisation des travailleurs migrants sont en fait en train de rejeter ce principe et de promouvoir des clauses d’exclusion sur la base de la race. Il défend en substance une conception non universelle mais partielle du droit. Et avec elle une conception non universelle mais partielle de l’homme.
L’universalisme doit constituer le terrain conceptuel et de valeur minimum sur lequel peuvent naître ensuite des controverses, des affrontements et des discussions. Déjà ce terrain est à l’intérieur extrêmement problématique et en soi insuffisant pour empêcher le recours à la violence. Le terrain du particularisme, cependant, non seulement n’empêche pas l’avènement de la brutalité, mais constitue de fait le royaume de la cruauté perpétuelle, le règne de la violence devenue loi.
Naturellement, l’universalisme constitue un terrain problématique dans la mesure où ses versions abstraites finissent par le renverser facilement dans son contraire (dans un particularisme), de sorte que la même gauche qui embrasse l’Universalité, si elle ne parvient pas à imprimer de la concrétisation à la reconnaissance qui l’innerve, peut se transformer en droite. Et pourtant, nous nous trouvons, au moins sur un plan culturel, déjà à un niveau plus avancé de civilisation quand une gauche doit se battre contre une droite qui accepte, du moins dans les principes,…
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Auteur: Emiliano Alessandroni

