L’ESSENTIEL
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Les droits de douane étaient un élément important de la politique trumpienne censée rendre aux États-Unis « leur grandeur » (Make America Great Again).
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Mais qu’en est-il pour les pays exportateurs ? Sont-ils traités de manière uniforme ? Ou existe-t-il des différences selon les pays ?
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Un examen reposant sur une étude très fouillée, réalisée par un économiste de l’Institut français d’économie (IFE), révèle que ces mesures ont des effets très différents selon les pays et les secteurs. Les exportateurs des pays les moins avancés sont particulièrement fragilisés.
Les États-Unis absorbent près d’un cinquième des exportations mondiales hors commerce intraeuropéen : 19 % de celles des pays développés, 17 % de celles des pays en développement. Alors que l’administration Trump dit avant tout cibler, avec ses droits de douane, les partenaires riches excédentaires sur le marché américain, fin septembre 2026, le constat est plus nuancé.
Les pays développés ont bien perdu la situation proche du libre-échange dont bénéficiaient leurs produits industriels, qui entraient aux États-Unis presque sans droits, grâce à un accord commercial ou à des droits dits de la « nation la plus favorisée » très bas. Mais les pays en développement restent les plus taxés. Et la structure actuelle des droits américains pénalise surtout leurs exportations industrielles, celles qui dépendent le plus du marché américain et par lesquelles passe, en partie, leur développement.
En 2024, les États-Unis ont importé pour 3 132 milliards de dollars (soit environ 2 813,26 milliards d’euros) de marchandises. Ces achats se partagent presque à égalité entre pays développés (49 %) et pays en développement (50 %), les pays les moins avancés (PMA) n’en fournissant que 1 %.
Pour les exportateurs, le marché américain pèse lourd : il absorbe 19,4 % des exportations des pays développés et…
Auteur: Houssein Guimbard, Économiste, CEPII – Institut français d’économie (IFE)
