« Inconnu » mais toujours dans le viseur. Le Lesotho, récemment qualifié de « pays dont personne n’a jamais entendu parler » par Donald Trump, figure parmi les États les plus affectés par la guerre commerciale généralisée que le président américain a lancé mercredi 2 avril. Les produits lesothans exportés aux États-Unis seront bientôt taxés à hauteur de 50 %, soit le niveau le plus élevé visant les pays concernés par la nouvelle offensive protectionniste de Washington.
Royaume montagneux de 2,3 millions d’habitants enclavé dans l’Afrique du Sud, le Lesotho avait déjà été cité le 5 mars dernier par Donald Trump lors de son discours devant le Congrès américain, pour justifier son projet de démantèlement de l’Agence américaine pour le développement (USAID). Le Lesotho avait été présenté comme étant le bénéficiaire d’un programme d’aide atteignant « huit millions de dollars » destiné à « promouvoir les LGBT + ». Tout cela, avait fustigé le président pour un pays « dont personne n’a jamais entendu parler ».
Le Lesotho a effectivement été un bénéficiaire majeur des aides américaines ces dernières années. Selon le département d’État américain, Washington a versé plus de 959 millions de dollars (871 millions d’euros) depuis 2006 pour financer les programmes de lutte contre le VIH. Ce pays africain compte l’un des taux de prévalence du virus les plus élevés au monde : environ un adulte sur quatre est séropositif, selon le ministère lesothan de la santé.
Si le gouvernement du Lesotho s’était dit « choqué et embarrassé » par les commentaires condescendants de Donald Trump début mars, le roi Letsie III s’était surtout alarmé des conséquences économiques de la fin des aides américaines. Le souverain avait en effet averti que le Lesotho pourrait perdre jusqu’à 40 000 emplois si Washington…
Auteur: Elie Guidi

