542 milliards de dollars de dépenses par an. C’est le montant colossal du soutien budgétaire des États à leur agriculture. Avec le déclenchement de la guerre des tarifs, quelles orientations vont prendre ces aides ? Vers les producteurs ? Vers les consommateurs ? Quelles différences entre des pays aussi divers que les États-Unis, la Chine, le Mozambique ou ceux de l’Union européenne ? Réponses avec les données de la Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (Farm).
Les premières mesures protectionnistes de Donald Trump suscitent de vives inquiétudes, dans un contexte où la gouvernance mondiale peine déjà à assurer une gestion efficace des soutiens publics à l’agriculture. Face au risque d’une escalade généralisée des barrières tarifaires avec la perturbation des marchés agricoles et la hausse des prix alimentaires, les États pourraient renforcer leur soutien budgétaire comme instrument de politique agricole. Comment ? En mobilisant de manière stratégique les subventions et, plus largement, les dépenses publiques allouées à l’agriculture et l’alimentation.
Mais, concrètement, que savons-nous aujourd’hui du soutien budgétaire à l’agriculture et à l’alimentation ? Quelle est précisément sa composition, et comment les États choisissent-ils d’orienter leurs choix en la matière ?
Pour y répondre, nous nous appuyons sur les données de l’Observatoire mondial des soutiens publics à l’agriculture et à l’alimentation, une initiative mise en place par la Fondation Farm. Cet observatoire couvre 93 pays, représentant plus de 90 % de la production agricole mondiale. À partir de cette initiative, nous proposons un éclairage des soutiens budgétaires, définis ici comme l’ensemble des dépenses publiques que les États consacrent à l’agriculture et à l’alimentation.
542 milliards de dollars de dépenses publiques par an
Il existe au niveau mondial de très…
Auteur: Abdoul Fattath Yaya Tapsoba, Responsable de projets à la Fondation FARM et doctorant au CERDI, Université Clermont Auvergne (UCA)

