Depuis la fin des années 1970, je suis parmi celles qui ont prévu l’offensive contre le droit à l’avortement et la contraception. Ces campagnes ont coûté cher aux Républicains, l’opinion publique restant largement favorable à ces droits.
Mais la stratégie a porté ses fruits, étant au cœur de la recomposition de la droite, rapprochant les ennemis historiques : protestants fondamentalistes, catholiques et juifs ultra-orthodoxes. Leur effort a mis quarante ans pour aboutir ; aujourd’hui, l’avortement est interdit ou difficile d’accès dans de nombreux États et on tente de criminaliser les avortements même spontanés.
La campagne antiféministe s’élargit au suffrage féminin. On a beaucoup dit que Trump a été élu grâce aux femmes blanches, mais il s’agit de Blanches chrétiennes évangéliques, sans études supérieures (d’où l’attaque de Trump/Maga contre les universités).
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Au contraire, depuis que l’on mesure l’écart de genre, on sait que les femmes, quel que soit leur profil socioéconomique ou ethnique, votent relativement plus pour les Démocrates que leurs homologues masculins. Sans elles, les Républicains gagneraient toujours.
Priver les femmes du droit de vote reste le but avoué d’un petit nombre. Des leaders du nationalisme chrétien – le pasteur Doug Wilson proche du ministre « de la guerre » Pete Hegseth, l’auteur Stephen Wolfe, et des porte-parole d’une association de 160 églises évangéliques – prônent l’idée d’un vote familial, exercé par le père de famille. Milliardaire proche de Trump, Peter Thiel, cofondateur de Palantir Technologies, reçu à l’Académie française et au ministère des Affaires…
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