Au lendemain de l’attaque, Moscou conteste la provenance des drones. Peut-on vraiment douter qu’il s’agit d’engins russes ?
Il faut d’abord souligner que la Pologne appartient à l’Otan et que ses dispositifs de surveillance ont parfaitement fonctionné. Il n’y a pas de doute quant à l’attribution de cette attaque à la Russie, d’autant plus que certains drones se sont écrasés, ce qui a permis de les examiner.
Une telle intrusion a-t-elle déjà eu lieu sur le sol européen ?
C’est la première fois. Depuis le déclenchement de la guerre en 2022, des drones ont déjà volé au-dessus de la Roumanie et de la Moldavie. Mais dix-neuf en même temps, c’est massif. C’est un signal très clair envoyé par Moscou, qui cherche à tester la réaction des Européens. Même si la plupart de drones n’avaient pas de charge explosive, une ligne rouge est franchie. Vladimir Poutine teste les limites de l’Union européenne et de l’Otan. Pour autant, la réaction rapide de cette dernière et l’activation de l’article 4 du traité sont un bon signe et montrent une certaine prise de conscience, mais les lendemains risquent d’être difficiles. Il va falloir faire preuve de solidarité et de pugnacité. L’objectif, ce n’est pas de faire la guerre, mais c’est d’obliger à aller à la paix.
Le 4 septembre dernier, vingt-six pays dont la France ont affirmé être prêts à envoyer des « forces de réassurance » en Ukraine pour assurer la paix en…
Auteur: Mathilde Nutarelli

