Du backlash écologique au backlash IA

À quand une psychanalyse des nouveaux contes de fées ? Le vent serait-il en train de tourner ? Entre les Docteur Frankenstein de l’IA qui prennent peur de leur créature et les manifestations contre l’implantation de data centers un peu partout aux USA, mais aussi maintenant en France, l’ ’IA mania’, qui avait débuté comme un cyber-conte de fées, commence à virer au cauchemar.

Les fournaises estivales devenues habituelles (« il ne fait que 30°C… ça va ») entretiennent des torpeurs mentales qui convergent opportunément avec un aveuglement salutaire pour la santé mentale, sacrée cause nationale. Peut-on être assez inconscient pour se féliciter de la douce moiteur de cet été indien sans en voir ni les causes, ni les conséquences à bien trop court terme ? Comme l’a montré une anthropologue, Elise Boutié, à propos des méga-feux en Californie, les victimes de la catastrophe elles-mêmes (du moins les survivants, car il y a eu des morts) restent souvent dans le déni quant à l’origine climatique de ces incendies et les attribuent au simple hasard, un peu comme Emmanuel Macron avec son « Qui aurait pu prédire… ? » en 2022. C’est sans doute la même chose avec l’IA. « Qu’est-ce qui réveille ? » se demandait Lacan. Il semble en tout cas facile de continuer à ignorer le vase communicant entre la courbe des investissements dans l’IA et celle des investissements dans la transition écologique, désormais nettement inférieurs. On s’alarme du niveau d’endettement, mais quid de ses causes ? Une transition chasse l’autre : il n’y aura pas assez pour le numérique et pour l’environnement. Et il pourrait ne pas y avoir assez pour aucun des deux. Oui, mais : aux USA, 75 projets de data centers ont été annulés rien qu’au premier trimestre, sous la pression des citoyens de toute sorte. Républicains comme démocrates, rednecks ou cols blancs se révoltent contre ces gigantesques aspirateurs à…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev