Boum Boum. Politiques du dancefloor, Arnaud Idelon, préface de Gorge Bataille, postface de Florian Gaité, éd. Divergences, 208 pages, 16 euros.
Affalé sur un canapé, un fêtard, le teint blême mais tout sourire, se penche vers son voisin et soulève ses lunettes de soleil, découvrant de lourds cernes sous ses yeux : « Quelle heure est-il ? » Celui-ci, « les mâchoires serrées, mais la fête toujours au corps », lui répond alors, hilare : « Il est 16 heures du matin ! » C’est l’after. « Certain·es dansent encore, l’épiderme secoué toujours des BPM, d’autres lézardent dans la lumière de l’après-midi. »
Pratique sans doute étrange pour les non-initié·es, l’after party est comme « un espace-temps tout à la fois de rupture et de continuité ; continuum de la fête quittée pour une autre, et une autre, avant d’échouer ensemble dans un parc ou un appartement et rupture cognitive d’une nuit et sa grammaire ramenée au grand jour ». Également, « la force obsessionnelle de conserver la fête en soi, de retarder son départ », quand « à la veille d’un jour qui ne vient pas, les corps restent et, avec obstination, continuent ». Où « prolonger l’after n’est que l’autre nom d’empêcher le jour d’arriver. Et même si minuit est passé depuis seize bonnes heures, il n’est pas encore demain ».
Cette scène, nombre de fêtard·es contemporain·nes l’ont certainement vécue et souriront à sa description. Car ce riche petit essai est ouvertement fondé sur une « expérience située », « intime » d’une fête (et de ses prolongements) « traversée par son époque et ses pivots ». Celle de son auteur, Antoine Idelon, journaliste, programmateur d’événements nocturnes (et du festival de poésie et…
Auteur: Olivier Doubre

