Du code-barres au QR-Code

D’où viennent les QR-code, ces symboles mystérieux, qu’aucun d’entre nous ne pourrait déchiffrer sans l’aide d’une « douchette » et qui sont devenus le signe de notre modernité commerciale et connectée ? Après le parcours qui nous menait de la cybernétique à l’informatique ubiquitaire il y a deux semaines, voici le deuxième épisode de notre nouvelle rubrique cyber-philo-technique, à laquelle nous trouverons bientôt un nom qui se respecte. L’article d’aujourd’hui retrace l’histoire du code-barre et du QR-code, ces petites inventions largement répandues qui permettent d’identifier les marchandises et les humains. Avant d’être un outil de vérification des pass-sanitaire, les QR-codes doivent être resitués dans la longue histoire de l’industrialisation, des flux du commerce mondialisé et surtout de leur contrôle, qui lui-même répond aux mutations du capitalisme dans son ensemble.

Le QR-Code est devenu l’un des symboles du monde smart. Du pass-sanitaire aux panneaux publicitaires, en passant par les cartes de restaurants et les cartels d’exposition, la banalité même de son usage acte l’emprise qu’exercent les technologies numériques. Carré de surfaces noires sur fond blanc, encadré de trois carrés noirs, le « code à réponse rapide » [QR] se distingue du code-barres par ses deux dimensions et a pour proche parent la puce RFID des paiements sans contacts. Son histoire, que ce texte se propose de retracer, est indissociable de celle du code-barres. Elle s’inscrit dans la grande histoire des relations qu’entretiennent l’informatique et l’industrie, lesquelles déterminent le rôle croissant de l’identification informatique dans la circulation des marchandises et des humains. Usines, logistique et bases de données sont les grands personnages de l’extension prodigieuse de l’informatique au tournant des années 1970-1980 jusqu’à aujourd’hui.

1. L’invention et l’extension du code-barres.

«  Vous voulez dire qu’il existait autrefois un monde sans code-barres  ?  »

Dans leur histoire de l’informatique « ubiquitaire », Geneviève Bell et Paul Dourish parlent des « lendemains au goût d’hier » [« yesterday’s tomorrows »] pour désigner la façon dont la focalisation sur les promesses grandiloquentes des technologies futures tend à masquer l’emprise de celles qui sont déjà bien installées. Certes, le QR-Code est plus prosaïque que les rêves d’un monde interactif promis par Mark Weiser, ou que le metaverse annoncé par Mark…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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