Du maïs à la place de la lavande ? Un immense projet d'irrigation divise la Provence

Saint-Jurs (Alpes-de-Haute-Provence), reportage

« Pour l’instant, on n’a pas du tout accès à l’eau sur la ferme. C’est sûr que l’irrigation ouvrirait plein de perspectives. » Yann Sauvaire contemple ses amandiers chargés de fruits, sous lesquels poussent des rangs de lavande fine. Avec son frère, il cultive une centaine d’hectares sur le plateau de Valensole (Alpes-de-Haute-Provence).

Sur ces terres caillouteuses, les plantes à parfum ont longtemps été reines : elles s’y épanouissent sans difficulté, et sans eau. Mais avec l’effondrement des prix des huiles essentielles ces dernières années en raison d’une hausse de la production mondiale, toute l’économie locale est remise en question. Sans compter l’impact des sécheresses : cette année, les fleurs ont été récoltées exceptionnellement tôt et les lavandiculteurs ont perdu une partie de leur récolte.

Pour s’en sortir, beaucoup veulent désormais se diversifier. Par ailleurs président d’Agribio 04, l’association départementale des producteurs bio, Yann Sauvaire s’attèle à cette tâche depuis plusieurs années déjà. Formé à l’hydrologie régénérative et à l’agroforesterie, il multiplie les expériences pour adapter ses pratiques agricoles au dérèglement climatique. Ses parents avaient déjà passé la ferme en bio dans les années 1990 ; il a pris la relève en plantant des haies, en cultivant des variétés anciennes de céréales, en pratiquant la vente directe… « On fait tout pour être plus résilients », résume-t-il.

Le tout, quasiment sans eau. Mais, d’ici quelques années, tout pourrait changer : sa ferme devrait à terme être raccordée à un gigantesque réseau hydraulique en cours de construction sur le plateau de Valensole. Ce projet suscite de l’espoir chez de nombreux agriculteurs, mais aussi des inquiétudes, liées à l’usage de l’eau, à son prix et aux bouleversements agricoles qu’il…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Louai Barakat, Lyse Mauvais