Du mirage au miroir italien

Le redressement des comptes publics opéré en Italie depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni est souvent montré en exemple. Les politiques de consolidation budgétaire ne datent pourtant pas de son élection et leur impact macroéconomique n’est pas celui que l’on croit. Une note publiée le 3 avril par le service économique de l’ambassade de France en Italie en dresse le bilan.

Elle rappelle que le taux d’endettement public italien a explosé à partir de 1971, passant de 41 % du PIB à 120 % en 1994 (ce ratio passant au même moment de 20 à 50 % du PIB en France), faisant culminer à cette date les charges de la dette italienne à 12 % du PIB (contre 2,5 % en France). Cette situation était imputable « à l’impossibilité pour l’Italie d’effectuer des dévaluations compétitives du fait de l’ancrage au Système monétaire européen. Ce processus a entraîné une perte de compétitivité industrielle ainsi que des tensions budgétaires qui ont rendu nécessaire la mise en place d’une politique d’austérité dès le début des années 1990 ».


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L’entrée en vigueur de la monnaie unique va de facto pérenniser le phénomène. Dès lors que le recours à la dévaluation externe est définitivement exclu, les pays subissant un déséquilibre extérieur sont condamnés à déployer d’impopulaires politiques de « dévaluation interne » afin de rétablir leur compétitivité, face à une Allemagne mercantiliste.

Celles-ci consistent à réduire les coûts de production des entreprises, hérissées par le poids du modèle social européen. Synonyme d’austérité budgétaire et de « réformes structurelles » (privatisations, retraites, marché du travail, etc.), la…

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Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

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