En ce mois d’octobre, au-delà des ballots de paille bâchés en rose dans les champs, le syndicat agricole productiviste Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) multiplie les événements, lors de foires agricoles par exemple, pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein. « Une organisation qui défend l’utilisation de produits chimiques facteurs de cancers tient des stands tout roses pour se donner une bonne image, c’est un pinkwashing intolérable », résume Fleur Breteau, cofondatrice du collectif Cancer Colère. Ce dernier, qui milite depuis 2025 pour politiser la maladie en la liant directement aux politiques agricoles et à l’usage des pesticides, a rebaptisé l’opération Octobre rose : Octobre Colère.
Ainsi, les participants à la tombola d’une animation à Préguillac (Charente-Maritime), organisée en début de mois, pouvaient repartir avec des lots étonnants : des casquettes… Pioneer. Un fabricant de pesticides. « On a vu ça comme un lot, pas comme de la pub pour un producteur de phytos », justifie à Reporterre Magalie Vinet, co-organisatrice de la journée et membre de la commission des agricultrices FNSEA du département.
Outre la tombola, une randonnée, un marché fermier et un repas étaient au programme. « Avec des produits issus de l’agriculture raisonnée parce qu’on n’est plus dans les années 1970, quand on mettait des pesticides plein gaz dans les champs », précise la maraîchère.
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Des bonnets et des porte-clefs tracteurs roses à vendre
Qu’en pense la Ligue contre le cancer, qui organise Octobre rose en France ? S’il dénonce qu’« à l’instar d’Halloween, l’effet commercial ait pris le dessus sur Octobre rose », Emmanuel Ricard, directeur prévention, souligne que l’enjeu financier est considérable : les dons récoltés au cours d’Octobre rose…
Auteur: Rozenn Le Saint
