En octobre 2020, des manifestants sahraouis bloquent une route côtière du Sahara occidental pour empêcher des camions transportant de la farine de poisson de quitter le territoire. Le Maroc occupe le Sahara occidental depuis le milieu des années 1970, et, pour les Sahraouis, cette route représente une artère essentielle utilisée par les occupants pour vider leur pays de sa vitalité économique et de sa souveraineté politique.
Le blocage a alors immobilisé environ 200 camions marocains et mauritaniens. Beaucoup transportaient de la farine de poisson, une poudre jaune foncé produite en cuisant puis en broyant du poisson afin de fabriquer des aliments destinés à l’aquaculture et à l’élevage industriel. Peu après, les forces marocaines ont été déployées pour dégager la route. Selon le Front Polisario, mouvement représentant la cause sahraouie, les troupes marocaines ont ouvert le feu. Les combattants sahraouis ont riposté. Cet affrontement a mis fin à un cessez-le-feu qui durait depuis 29 ans.
Le poisson et la farine de poisson figurent parmi les produits les plus lucratifs extraits par le Maroc du Sahara occidental occupé. En 2025, au moins 14 usines de farine de poisson étaient en activité au Sahara occidental, la plupart étant contrôlées par des intérêts marocains. Les fondements financiers de cette occupation militaire ne constituent qu’un des nombreux coûts cachés révélés par une recherche internationale menée par The Outlaw Ocean Project, une organisation journalistique basée à Washington, D.C.
Cette enquête a cartographié plus de 1400 usines de farine de poisson dans 64 pays et retracé les chaînes d’approvisionnement reliant navires de…
Auteur: Ian Urbina
