Du rêve

Dans une récente intervention publique, la militante décoloniale Houria Bouteldja appelait à rêver ensemble afin de concurrencer l’extrême droite qui serait la seule à rêver, la seule à désirer, la seule à avoir une libido. De cette proposition assumée comme modeste et formulée en tant qu’avant-garde des masses, découle la nécessité, selon la militante et stratège, de déployer un patriotisme révolutionnaire qui réunirait « beaufs » et « barbares » dans une revendication de frexit et un horizon stato-national. Si nous avons déjà abordé cette hypothèse au détour de quelques articles ici, et , c’est depuis la question éminemment politique du rêve et de la langue qu’elle est reprise ici.

Il paraît que le communisme ne fait plus rêver. La faute en reviendrait tout à la fois à l’austérité triste du matérialisme et, à l’autre bout du spectre de nos élans, à son romantisme utopique et déconnecté. On le déplore mais on le constate : seule l’extrême droite saurait faire rêver. Se rendre désirable, lever les libidos. Qu’ils s’agirait donc (pour concurrencer le désir de l’extrême droite) de capter en l’état pour les dériver vers le communisme qu’on sait être l’issue comme toute personne qui pense. En s’adressant à elles de manière stratégique, sans pudibonderie, y compris donc à leurs affects les plus bas, et sans craindre leur lexique – des signifiants comme patrie ou national seraient ainsi possiblement à réhabiliter en vue de l’horizon communiste

1. Rêve communiste, rêve d’extrême droite. Voilà que le même nom pourrait indifféremment caractériser ce qui nous meut ici ou là

2. Rêve serait donc un signifiant vide. Dont l’action purement mécanique consisterait à convoquer nos affects et élans, peu importe leur visée. Ainsi en use la langue des publicitaires qui cherchent à vendre du rêve. De leur point de vue le constat serait en effet sans appel :…

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Auteur: dev

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