Depuis les années 1980, les sessions de team building fleurissent dans les organisations. Elles sont même devenues des solutions « prêtes à l’emploi » pour pallier tous les maux du quotidien (baisse de motivation, manque de cohésion, perte d’engagement, etc.). Les entreprises ne manquent pas d’inspiration pour proposer aux collaborateurs des activités toujours plus diversifiées allant de la sortie au bowling jusqu’à la croisière de rêve en passant par le parcours d’accrobranche ou le stage de survie.
Pourtant, la légitimité du team building fait aujourd’hui l’objet de nombreuses remises en question. Pour certains, comme l’auteur et conférencier Carlos Valdes-Dapena, le team building est tout simplement une perte de temps et d’argent pour les organisations. Pour d’autres, comme l’auteure Kate Mercer ou la philosophe Julia de Funès et l’essayiste Nicolas Bouzou, les activités proposées lors de ces sessions sont source d’embarras et ont tendance à accentuer le fossé entre les collaborateurs.
Dans ces conditions, les sessions de team building se présentent comme des moments d’absurdité organisationnelle dans lesquels les managers proposent des activités saugrenues à leurs employés dans le but de « construire une équipe ». L’amusement au cœur des dispositifs de team building est mobilisé à la fois pour divertir les salariés et pour créer des liens affinitaires entre eux.
Or, l’esprit d’équipe ne se décrète pas sur ordre des managers, qui plus est dans une ambiance grotesque.
Modernité joyeuse
Cette absurdité notoire fait d’ailleurs l’objet de nombreuses parodies dans la pop culture contemporaine. Non sans une bonne dose d’humour, les acteurs de Caméra Café ou du Palmashow reprennent tous les codes du team building pour en dénoncer les errances et les impasses, entre activités ridicules et discours paternaliste.
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Auteur: Thomas Simon, Assistant Professor, Montpellier Business School

