I – Spécisme
Si les termes « végétariens » ou « vegans » sont couramment utilisés dans la vie quotidienne, celui de « spécisme » semble moins fréquent bien que connaissant un intérêt croissant. Pour le définir simplement, le spécisme désigne la discrimination exercée en fonction de l’espèce d’appartenance (réelle ou supposée) de l’être vivant considéré. Ainsi, la vie d’un être humain est plus importante que la vie d’un autre animal et même le confort d’un être humain est plus important que l’existence d’un autre animal. L’attribution d’une valeur supérieure à une espèce (dans l’exemple donné à l’humain) par rapport à une autre (les autres animaux) définit le spécisme. Cette hiérarchisation des valeurs des êtres est un processus qui se retrouve également dans d’autres formes d’oppressions comme le racisme (où la valeur se base sur la « race » attribuée aux personnes) ou le sexisme (la valeur se basant sur le « sexe » attribué aux personnes). C’est pourquoi la définition du spécisme en le comparant avec le racisme et le sexisme a souvent été faite afin de faciliter la compréhension d’un concept moins popularisé. Nous soulignons ainsi cette comparaison sans pour autant la faire nôtre en raison de nombreuses problématiques qu’elle soulève et qui dépassent de loin le cadre de ce texte.
En entrant dans le détail, la distinction morale (c’est-à-dire la valeur accordée à certains êtres vivants) entre l’humain et un autre animal (un animal non-humain) correspond à de l’anthropocentrisme. Étymologiquement, ce terme désigne le fait de placer l’humain au centre de la considération (anthropo = humain). Il s’agit d’une forme de spécisme, néanmoins le spécisme ne se résume pas à cela. Dans notre vie de tous les jours, nous hiérarchisons également les animaux non-humains entre eux, selon leur espèce. Ainsi, nous n’accordons pas la même place au…
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