Un homme s’éveille, se brosse les dents, se rase, s’habille, arrose de jeunes pousses, dévale des escaliers, ramasse ses clés puis sort de chez lui, levant des yeux reconnaissants vers le ciel en humant l’air du petit matin. Il s’achète une cannette dans un distributeur, puis monte dans sa voiture.
Un homme s’éveille, se brosse les dents, se rase, s’habille, arrose de jeunes pousses, dévale des escaliers, ramasse ses clés puis sort de chez lui, levant des yeux reconnaissants vers le ciel en humant l’air du petit matin. Il s’achète une cannette dans un distributeur, puis monte dans sa voiture.
Une femme s’éveille, jure, soupire, jure encore, soupire de nouveau, marche nue jusqu’aux toilettes, on l’entend pisser puis, j’ai oublié, mais la voici ensuite vêtue d’une robe à paillettes, sa blondeur éclatante malgré le noir et blanc, au volant de sa voiture, dans le bruit de la circulation.
Ce sont deux journées qui commencent, à Tokyo et à Bucarest, au xxie siècle. Deux journées de travail.
Ces deux scènes ouvrent respectivement Perfect Days, de Wim Wenders, et Don’t Expect Too Much from the End of the World, de Radu Jude. Si je les évoque coup sur coup, c’est que j’ai vu ces deux films à quelques heures d’intervalle, au Festival du Nouveau Cinéma, lors d’une journée où, entre le moment où je suis entré à la première séance à 11 heures du matin et celui où je suis sorti de la seconde vers 21 heures, il n’a pas cessé de pleuvoir sur Montréal. Mais surtout, ces deux longs métrages pourtant très différents recèlent des thèmes communs – le travail, le langage – et se sont ensuite mis à danser une furieuse valse dialectique dans ma tête, leurs échos se prolongeant jusqu’à ce que je décide de m’en saisir.
Hirayama (Kōji Yakusho) travaille pour The Tokyo Toilet, une entreprise qui dépêche des agents d’entretien pour nettoyer les toilettes publiques de la mégalopole…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

