Face au changement climatique qui nous impose de repenser notre alimentation et, par extension, notre production agricole, il s’avère de plus en plus nécessaire de revisiter la nature du lien pouvant exister entre la qualité d’un produit agricole et le sol dont il est issu. Ce lien se matérialise dans les contours d’un concept fort connu dans le secteur viticole : le terroir.
Bien que ce concept soit historiquement et toujours fortement associé au secteur du vin, il s’applique également à toute une série de produits, allant des fromages aux jambons, en passant par les protéines alternatives ou encore le cannabis.
À la source des terroirs
La définition d’un terroir est source de divers désaccords, notamment lorsque ce concept est employé comme la base de construction d’appellations géographiques telles que les indications géographiques protégées (IGP) de l’Union européenne.
En effet, les différents acteurs d’une filière rattachée au territoire d’une appellation peuvent partager des compréhensions fortement divergentes tant du contenu que de la délimitation d’un terroir. En partie, ces désaccords s’expliquent du fait que le terroir est une entité multidimensionnelle, pouvant inclure l’écologie microbienne d’un sol, l’identité culturelle d’un territoire, ou un ensemble de savoir-faire partagés par une communauté de producteurs locaux…
Cette diversité de dimensions a fait du terroir un objet de recherche multidisciplinaire, étudié tant en agronomie qu’en économie, en sociologie ou en génétique. L’intérêt pour cet objet de recherche est allé croissant avec les préoccupations contemporaines sur le réchauffement climatique.
Terroirs en danger pour cause de réchauffement
Cette curiosité grandissante pour le terroir a eu pour conséquence une profusion de définitions, d’approches et de compréhensions rendant cet objet déjà complexe encore plus difficile à appréhender….
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Auteur: David Moroz, Associate professor, EM Normandie

